L'enquête 2008 auprès des diplômés BTSA sortis en 2004 montre que l'insertion professionnelle demeure la principale finalité de ce diplôme : 65,2% des anciens étudiants entrent sur le marché du travail avec ce niveau 3 de qualification.
Cependant, cette part diminue, car les titulaires du BTSA en 2004 accèdent plus fréquemment que leurs prédécesseurs au niveau de la licence. Avec le développement de l'offre de formation des licences professionnelles, le diplôme du BTSA s'inscrit progressivement dans le schéma des études supérieures dit " de Bologne " (Licence Master Doctorat). Ce processus se déroule à un rythme différent selon les spécialités. Si 34,8 % de la promotion 2004 a obtenu un diplôme de niveau 2, ce chiffre varie de 17,5 % à 51,4 % selon le BTSA obtenu.
Dans une conjoncture économique favorable à l'emploi - l'enquête a été menée au premier trimestre 2008, alors que le chômage ne touchait, selon l'INSEE, que 7,6 % de la population active - le taux d'insertion des BTSA atteint 93,1% et le taux de chômage tombe à 3,4%. Les inégalités selon le sexe et la formation sont réduites.
Le BTSA semble conduire de plus en plus à l'installation : les agriculteurs représentent 18,5 % des emplois (23,1 % parmi les hommes). A l'inverse, la part des techniciens tend à reculer (16,1 %).
La population enquêtée en 2008
Depuis 1999, les effectifs d'étudiants de BTSA tendent à diminuer puisqu'ils se réduisent de 8,2% entre les rentrées 2001 et 2003 pour atteindre 9572 jeunes dans la voie scolaire.
Cette baisse est particulièrement sensible dans les secteurs de formation de la transformation (-22,3 %) - notamment en " industries agroalimentaires " (IAA) - et de la commercialisation (-19,1 %). Celui de la production perd 7,1 % de son effectif, mais cette évolution n'est pas identique dans toutes les spécialités de formation : le public accueilli en " technologies végétales " (TV) et " analyse et conduite des systèmes d'exploitation " (ACSE) recule, alors qu'ailleurs il reste stable, voire progresse légèrement. Il augmente également dans le secteur de l'aménagement (+4,2 %), principalement en " gestion et maîtrise de l'eau " (GEMEAU).
Alors que la part des filles s'élevait régulièrement depuis 1990, elle régresse entre les rentrées 2001 (35,9 %) et 2003 (33,8 %). Bien que liée à la forte baisse des effectifs dans les spécialités les plus féminisées (" IAA ", mais aussi " technico-commercial "), cette tendance est observable dans la quasi-totalité des formations (sauf " GEMEAU ", " gestion forestière " et " IAA ").
Les enfants d'agriculteurs représentent encore 25,4% de la population interrogée (27,1% en 2001) alors qu'ils ne sont que 18 % dans l'ensemble des formations agricoles scolaires.
A la session 2004, le taux de réussite au BTSA est de 73%.
Les poursuites d'études des anciens étudiants diplômés du BTSA en 2004
De plus en plus de titulaires du BTSA poursuivent des études. C'est le cas de la majorité des diplômés 2004 (53,7 %) ; ils étaient 49,4% en 2002. Cette tendance touche les femmes comme les hommes, quelle que soit la formation suivie - sauf en " GEMEAU ". La poursuite d'études concerne les trois-quarts des jeunes en " gestion forestière ", quasiment les deux-tiers en " IAA ", " TV ", " viticulture-oenologie ", " GPN " et " aménagement paysager ". Seuls les anciens étudiants de " technico-commercial " et " ACSE " qui prolongent leur formation demeurent nettement minoritaires parmi les diplômés.
Les femmes, excepté celles des spécialités " ANABIOTEC " et " technico-commercial ", poursuivent plus fréquemment leurs études que les hommes. Dans l'ensemble de la population, l'écart entre la part des femmes et celle des hommes ayant fait ce choix est passé de 3,5 à 6,8 points.
Ces études ne permettent pas toutes d'accéder à un niveau de qualification supérieur au BTSA : 29 % des diplômés 2004 qui poursuivent des études s'engagent dans des formations visant à acquérir une spécialisation complémentaire ou une double compétence (" études courtes "). Cette orientation, longtemps privilégiée par les titulaires de BTSA, se révèle moins fréquente (37 % en 2002), sauf pour les diplômés d'" ACSE " qui continuent à s'y engager majoritairement (52 %). Parmi les plus courantes figurent les certificats de spécialisation et la préparation d'un second BTSA. Les premiers sont particulièrement suivis par les anciens étudiants d'" ACSE " et de " productions animales (PA) ". L'acquisition d'une double compétence intéresse surtout les diplômés de " gestion forestière " et de " TV ". Les " autres études courtes ", très diverses, correspondent à des spécialisations dans des domaines très variés et souvent proches de celui de la formation BTSA. Elles sont le plus fréquemment de niveau 3 (titres homologués, BTS...) mais aussi, 4 fois sur 10, de niveau 4 et 5 (CAP, formations " Jeunesse et Sport "...).
Egalement diversifiées, les " études longues ", débouchant sur un diplôme de niveau supérieur au BTSA, se concentrent progressivement sur des formations universitaires, tout particulièrement sur la préparation d'une licence professionnelle. La part des poursuites d'études en licence professionnelle passe de 24,9 % en 2002 à 38,4% en 2004. De manière très significative, ce sont les diplômés de " IAA ", " GEMEAU " et " SER " qui s'inscrivent le plus fréquemment, et très majoritairement, en licence professionnelle car l'offre de formation est large dans les domaines de la transformation, de l'aménagement, du développement territorial et de la protection de l'environnement. Cependant, l'offre de formation en licence professionnelle augmente également dans les autres domaines qui recrutent de plus en plus de BTSA, avec une progression allant de plus 8 points (" technico-commercial ") à plus 30 points ("SER ") : 11 points en " ACSE ", 11,8 points en " TV " et " PA ", ou encore 11,3 points en " viticulture-oenologie ". Par ailleurs 14,3 % des titulaires d'une licence professionnelle prolongent encore leur formation, deux fois sur trois pour préparer un master.
Les " autres formations universitaires " correspondent essentiellement à des préparations de licences : les diplômés d'" ANABIOTEC " sont nombreux à se diriger vers des études en biologie, ceux de " IAA " leur préfèrent des formations dans le secteur de la transformation proposées par les instituts universitaires professionnalisés (IUP). Les anciens étudiants des BTSA du secteur de l'aménagement peuvent suivre une grande variété de cursus universitaires liés au développement des territoires et à l'environnement.
Parmi les diplômés du BTSA en 2004 qui poursuivent des études, seuls 8,7 % intègrent une école d'ingénieurs (10,3% en 2002). Ce pourcentage n'augmente que pour les diplômés d'" aménagements paysagers " (+6,9 points), dont près d'un sur trois poursuit ses études au sein d'une école supérieure du paysage. Il baisse donc parfois sensiblement pour les diplômés des formations qui menaient traditionnellement à l'entrée des établissements d'enseignement supérieur agricole et vétérinaire et paysager : -6,7 points en " productions animales ", -5,3 points en " ANABIOTEC ", -2,7 points en " IAA ", -1,9 point en " ACSE ",-1,7 point en " TV ".
Les " autres études longues ", qui représentent 10,4 % des poursuites d'études des BTSA 2004, restent stables comparées à 2002. Elles rassemblent une pluralité de formations : les plus fréquentes sont celles qui délivrent un titre homologué de niveau 2 lié au commerce, ou au management et au droit.
En mars 2008, 91,5 % des diplômés BTSA 2004 qui se sont engagés dans des " études longues " ont obtenu un diplôme de niveau supérieur, ce qui correspond à 34,8% de l'ensemble des diplômés BTSA (27,4% en 2002). La progression de la part des jeunes diplômés de niveau II, déjà sensible au regard des données plus anciennes, se renforce encore (17,8 % pour la promotion 2000, 12,9 % pour celle de 1998). L'engagement croissant des titulaires de BTSA dans des " études longues ", notamment pour préparer une licence professionnelle, constitue une tendance lourde et modifie sensiblement leur parcours : ils sont de moins en moins nombreux à entrer sur le marché du travail au niveau du BTSA.
L'insertion professionnelle en 2008 des anciens étudiants diplômés "BTSA unique"
Les diplômés " BTSA unique " sont les jeunes entrés sur le marché du travail directement après le BTSA ou qui ont poursuivi des études sans obtenir un diplôme de niveau 2 à la date de l'enquête.
Conséquence de l'élévation du niveau de formation, la part des diplômés " BTSA unique " chute et atteint 65,2% (72,6% en 2002). Cette baisse s'observe en particulier pour les diplômés de " gestion forestière ", " SER ", " productions horticoles ", " aménagements paysagers ", " viticulture-oenologie ", " IAA " et " ANABIOTEC ".
Comme la probabilité de suivre des études longues varie sensiblement selon la spécialité suivie en BTSA, la composition de la population des " BTSA unique " diffère de celle de l'ensemble des diplômés. Ainsi, parmi les " BTSA unique ", les diplômés de " technico-commercial ", et surtout d'" ACSE " sont surreprésentés : les anciens étudiants de ces deux formations regroupent respectivement 15,2 % et 25,9 % de la population. En revanche, ceux de " IAA " sont les plus sous représentés (5,7 %). Les femmes, relativement plus nombreuses que les hommes à avoir obtenu un diplôme de niveau 2, sont légèrement sous représentées : elles sont 32,8 % des " BTSA uniques " mais 34,6 % parmi les diplômés.
En mars 2008, 92,3% des diplômés " BTSA unique " 2004 exercent une activité professionnelle (89 % en 2006). Le travail indépendant s'accroît particulièrement (+3,6 points), surtout pour les sortants des formations du secteur de la production. Ce statut concerne 37,3 % des diplômés d'" ACSE " installés en agriculture (contre 26,6 % en 2006), ce qui explique la forte proportion de travailleurs indépendants parmi les hommes.
La part des emplois correspondant à un contrat à durée indéterminée est globalement stable et reste très majoritaire, celle des contrats à durée déterminée augmente légèrement (+1,9 point).
Avec un indicateur de chômage abaissé de 1,9 point et un taux d'insertion meilleur de 2,8 points par rapport à ceux des diplômés 2002, les " BTSA uniques " 2004 semblent profiter de la tendance à l'embellie du marché du travail (taux de chômage de l'ensemble de la population active au 1er trimestre 2008 en France : 7,6%). Si certaines inégalités persistent selon la formation suivie et le sexe, elles se trouvent particulièrement réduites. Seuls les anciens étudiants de " GPN " déclarent être significativement plus souvent en recherche d'emploi que l'ensemble des diplômés. A l'opposé, les formations " viticulture-oenologie ", " ACSE " et " productions animales " ne mènent presque jamais au chômage. L'écart entre le chômage des hommes et celui des femmes s'est réduit (1,9 point) et cette situation ne concerne, même parmi ces dernières, qu'une minorité de cas. Le taux d'insertion des femmes relativement moins élevé s'explique aussi par leur plus grande propension à poursuivre encore des études au moment de l'enquête.
Les emplois en 2008 des anciens étudiants "BTSA unique"
La répartition des emplois évolue avec la composition de la population des " BTSA unique " selon la spécialité. Comparés à l'enquête précédente, les " BTSA unique " comprennent davantage de diplômés d'" ACSE " et " PA " dont les effectifs baissent moins que ceux des autres spécialités et qui accèdent moins souvent au niveau 2 de formation. Par conséquent, la part des exploitants agricoles passe de 15,2 % à 18,5 % entre 2006 et 2008. Elle n'était que de 12,5 % en 2004. Il s'agit de l'emploi masculin le plus fréquent (23,1 %, 19,8 % en 2006 et 16,5 % en 2004). Cette proportion progresse également parmi les femmes (8,4 %, contre 5,9 % en 2006 et 4,7 % en 2004).
Les sortants des spécialités de formation qui mènent traditionnellement à des emplois de techniciens, plus particulièrement " IAA " et " TV ", sont nettement moins représentés en 2008. Ainsi, on ne compte plus que 16,1 % de techniciens en 2008 (19,6 % en 2006, 24,8 % en 2004). Les femmes restent plus nombreuses à occuper ce type d'emploi (20,9 %, 24,6 % en 2006 et 28,2 % en 2004) que les hommes (13,9 %, 17,1 % en 2006 et 23,1 % en 2004). Excepté sur les postes de conseillers et d'animateurs agricoles, moins fréquents qu'en 2006, les techniciennes et les techniciens se positionnent différemment. Issues d' " ANABIOTEC " et d' " IAA ", les premières travaillent davantage dans les laboratoires de production ou en contrôle-qualité des industries ; les seconds sont techniciens agricoles ou d'élevage quand ils ont suivi une formation du secteur de la production, chargés de la gestion de l'eau et du traitement des déchets quand ils sont titulaires du BTSA " GEMEAU ".
Quant aux sortants du BTSA " TC ", ils sont moins nombreux dans la population des " diplômés unique " en 2008 qu'en 2006. La part des technico-commerciaux s'en trouve affaiblie (14,3 %, contre 15,8 % en 2006), surtout parmi les hommes (15,7 %, 17,8 % en 2006).
La plupart des emplois d'ouvriers (20,4 %, 18,6 % en 2006) est occupée par des hommes, notamment ceux d'ouvriers paysagistes par les sortants d' " aménagements paysagers " et ceux d'ouvriers agricoles par les diplômés des formations du secteur de la production. En revanche, 29,1 % des femmes sont employées (23,8 % en 2006), en particulier commerciales quand elles sont diplômées de " TC ", mais elles peuvent également remplir des fonctions administratives.
Les secteurs d'activités en 2008 des "BTSA unique"
Les " BTSA unique " travaillent davantage dans les productions agricoles et les productions liées à la forêt et à l'aménagement en 2008 qu'en 2006, soit respectivement 29,3 % et 5 % contre 25,2 % et 3,7 %. En effet, ils ont plus tendance à s'installer en agriculture.
Cependant, ils sont moins nombreux à exercer leur activité professionnelle dans un secteur d'activités lié à l'agriculture, à l'agroalimentaire, au milieu rural ou à l'aménagement, 76,1 % contre 79,5 %. D'une part, la réduction de la proportion des emplois masculins situés dans le secteur des commerces liés à l'agriculture et à l'agroalimentaire est à noter : 14,7 % en 2008, 21,3 % en 2006 ; le déficit de diplômés du BTSA " TC " explique en partie cette tendance. D'autre part, la proportion des emplois féminins dans les services liés à l'agriculture et au milieu rural enregistre également une forte baisse : 14 % en 2008, 22,2 % en 2006. Ce sont plus particulièrement les services aux entreprises agricoles (organisations professionnelles agricoles, notamment) qui paraissent avoir moins souvent employé des " BTSA unique ".
Le poids du secteur des " autres services " tend à s'accroître, regroupant en 2008 13,5 % des emplois (11,3 % en 2006). Les femmes y sont plus souvent présentes que les hommes (20,7 % contre 10,3 %).
Méthodologie
Les données proviennent d'une enquête réalisée auprès de 9 572 anciens étudiants inscrits en classe terminale de BTSA au cours de l'année scolaire 2003-2004 dans les établissements publics et privés de l'enseignement agricole. Elle a été effectuée par voie postale au printemps 2008, soit près de 4 ans après la fin du cycle BTSA. 44,9 % des anciens étudiants ont répondu à cette enquête. Afin d'améliorer la représentativité de la population des répondants par rapport à celle des inscrits, un échantillon redressé de 3 414 étudiants a été constitué. Les résultats sont comparés à ceux de l'enquête réalisée dans des conditions identiques en 2006 auprès des anciens étudiants diplômés du BTSA en 2002. Les résultats concernant les anciens apprentis en BTSA feront l'objet d'un numéro de StatEA spécial en 2010, avec les apprentis des autres niveaux.
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