La carte mentale pour identifier les caractéristiques d'un diaporama

Gaël PLANTIN, professeur TIM à l’EPL Louis Pasteur de Marmilhat (63) raconte…


Objectifs :

  • réaliser un brainstorming pour identifier les qualités d’un diaporama réussi
  • permettre aux apprenants de s’exprimer en groupe et de restituer leurs connaissances


Atouts :

      • prise en main rapide de l’outil par l’enseignant/formateur
      • visualisation globale des différents aspects d’un sujet
      • outil participatif qui mobilise les élèves en leur permettant de travailler collectivement
      • construction collective de la grille d’évaluation à partir de la carte mentale
      • expression orale des élèves

        Pour aller plus loin ...

        Un point de vue, sur cet exemple de pratique, du côté de la recherche par Dominique Guidoni-Stoltz (Eduter Recherche)


        Dans la séquence présentée, le professeur utilise plusieurs outils numériques pour faciliter les apprentissages visés tout en pensant le développement de compétences dites transversales chez les élèves : devenir autonome (savoir trouver et exploiter l’information dont ils ont besoin), savoir gérer son temps, conceptualiser, travailler collectivement. C’est l’usage de modalités hybrides (utilisation d’une plateforme et d’un logiciel de carte mentale) qui nous semble ici, une source potentielle d’apprentissages.

        L’usage tel que décrit, d’une plateforme numérique d’enseignement à distance (ici Moodle, en accès libre) semble viser ce qu’on peut appeler une individualisation autonomisante. L’intérêt d’une plateforme est de pouvoir mettre différentes activités et ressources d’apprentissage  à disposition des élèves, d’organiser le cours (ou le parcours) en tenant compte des utilisateurs et des objectifs que l’on se fixe et enfin d’avoir un regard sur les traces des activités et des apprentissages réalisés par chaque apprenant. La plateforme est ici utilisée comme outil de travail préalable au regroupement des élèves. C’est le principe de la classe inversée. La responsabilité de s’informer (« ils doivent en faire leur miel ») et d’apprendre, est laissée aux élèves qui ont le choix du lieu et du temps d’apprentissage. Chacun peut donc avancer à son rythme dans le parcours déterminé par l’enseignant. Tous doivent néanmoins réaliser les mêmes activités et avoir « assimilé l’essentiel » comme l’indique l’enseignant. Parce qu’ils doivent réaliser les activités en autonomie (ce qui ne veut pas dire forcément seuls), le scénario pédagogique nécessite d’être pensé très finement (du point de vue des ressources comme des consignes et des évaluations). Dans ce cas, la clarté cognitive des tâches (ce qu’on doit apprendre et comment on doit le faire) constitue une plus-value pour les apprentissages.

        L’usage de la carte mentale dans la séquence permet à la fois de créer un support institutionnalisant ce qui est à comprendre, à retenir pour la classe, mais aussi un repère pour une auto-évaluation. On connait le pouvoir pédagogique de la schématisation, de la représentation graphique notamment quand il s’agit de mettre en avant des liens, des articulations, des hiérarchisations, un fonctionnement systémique. De nombreuses représentations (diagrammes, camemberts, simplex, arbres, organigrammes, métaphores graphiques, etc…) sont d’ailleurs travaillées à l’école dès le plus jeune âge. Si la modélisation est utilisée pour expliquer, aider à comprendre le monde, elle est plus rarement utilisée pour aider les élèves à travailler leurs savoirs conceptuels, à problématiser, et pour les enseignants à évaluer leurs représentations de ces savoirs et le niveau de problématisation. Dans cette séquence, les élèves sont amenés  à participer à la modélisation de ce qu’ils ont compris grâce au travail préalable sur des supports divers. Si c’est ici l’enseignant qui, au cours d’un brainstorming relève (et donc sélectionne) toutes les composantes du sujet fournies par les élèves, c’est bien l’organisation collective des données sous la forme d’une carte mentale qui vient soutenir la réflexion et construire la synthèse sur le sujet. L’intérêt pour les apprentissages est que les élèves visualisent en direct l’organisation de la pensée collective, et l’aboutissement du processus de réflexion en une représentation globale du sujet (ici faire apparaitre « les qualités d’un diaporama réussi » et celles d’une « présentation orale pertinente »). La structuration de la pensée collective en carte mentale facilite la structuration cognitive (par la mise en réseau des différentes connaissances, le tri, la hiérarchisation), la synthèse (à condition de veiller à ne pas surcharger la carte) et la mémorisation (à condition que la carte soit comprise de tous). L’usage de logiciels maintenant à portée de tous laisse envisager la création de cartes mentales par les élèves eux-mêmes pour leur permettre d’approcher le complexe.

        Dernière mise à jour le 17 novembre 2017