Programme cofinancé par le Fonds Social Européen
Accueillir les jeunes et les adultes dans l'enseignement agricole, les conduire à une qualification ou à un diplôme, les préparer à une vie citoyenne en société, les conduire vers l'emploi et éviter les chemins de l'exclusion, voici les quelques enjeux majeurs que doivent relever l'enseignement et la formation professionnelle agricoles.
Quelques repères
La notion d'insertion des jeunes apparaît dans quelques textes officiels dans les années 1970. En 1981, c'est à l'occasion d'un rapport remis au Premier Ministre par Bertrand Schwartz sur "l'insertion sociale et professionnelle des jeunes" que le terme d'"insertion" fait une entrée en force dans le vocabulaire politique français.
Au cours et vers la fin des années 1980 s'impose progressivement l'idée que les difficultés d'insertion ne sont pas spécifiques aux jeunes, mais concernent aussi d'autres catégories, comme, par exemple, les chômeurs de longue durée. C'est sans doute l'instauration du revenu minimum d'insertion (RMI), fin 1988, qui aura précipité l'extension du terme d'insertion et son assimilation à la notion d'intégration, opposée à celle d'exclusion.
L'insertion devient maintenant un terme couramment employé, pour désigner, pas toujours de façon précise, un ensemble de processus concernant la scolarisation des jeunes, l'intégration harmonieuse dans la société, la recherche d'un emploi.
L'insertion est désormais devenue un enjeu majeur de notre société et l'ensemble des orientations politiques en termes d'emploi et de formation en tiennent compte, tant au niveau national qu'au niveau européen.
L'insertion : des actions pour tous les établissements, une mission de l'enseignement et de la formation professionnelle agricoles publics
Depuis la loi d'orientation agricole du 9 juillet 1999, tout établissement d'enseignement agricole a pour vocation de contribuer à l'insertion sociale et professionnelle des élèves, étudiants, apprentis et stagiaires. L'insertion scolaire des jeunes, sociale et professionnelle de ces derniers et des adultes est une mission à part entière de l'enseignement et de la formation professionnelle agricole publics. Une circulaire, du 7 juin 2002, a précisé cette la mise en oeuvre de cette mission.
De nombreuses actions, très riches, existaient d'ores et déjà, au niveau national, régional ou local, mais un cadre clair leur est désormais donné.
Qu'entend-on par insertion scolaire, insertion sociale ou insertion professionnelle ?
Si l'insertion ne peut dans la plupart des cas être abordée que globalement et en prenant en compte l'ensemble des problèmes d'un jeune ou d'un adulte, ses aspirations, ses projets, ses acquis, ses capacités, elle comporte néanmoins plusieurs aspects qui peuvent aider à comprendre ce qui est en jeu et à guider l'action.
L'insertion scolaire doit permettre, en créant une offre publique de formation adéquate, d'accueillir le jeune, de l'aider à s'engager dans une voie de formation ou d'études, de l'aider à se confronter à une diversité de modes d'apprentissage, de lui permettre de construire et de réaliser son projet, à partir de ses aspirations et de ses acquis et d'obtenir un diplôme ou une qualification.
Une insertion scolaire réussie doit permettre d'éviter les abandons en cours de route, sans diplômes, sans qualifications et sans réels projets.
L'insertion sociale doit permettre à chacun d'apprendre les conditions de la vie en société, notamment dans le cadre de l'établissement. Elle doit viser à préparer chacun, jeune ou adulte, à s'intégrer dans une collectivité humaine, en respectant ses règles, en faisant preuve d'autonomie, de sens de la responsabilité et de sens critique. L'insertion sociale signifie que l'on s'intéresse tout particulièrement aux publics fragilisés ou spécifiques.
L'insertion professionnelle doit conduire le jeune ou l'adulte vers un emploi ou une activité au plus près de son projet et de la réalité du marché de l'emploi.
Quelles orientations et quels objectifs aujourd'hui - en matière d'insertion ?
Des orientations
Tout d'abord, l'insertion des publics reçus dans les établissements concerne aussi bien tous les niveaux, du local au national que tous les agents, en favorisant la formulation de projets, le travail en équipe et le partenariat.
Par ailleurs, toutes les activités pédagogiques et éducatives d'un établissement doivent pouvoir participer à la mission d'insertion ; tout au moins l'insertion doit-elle être un souci constant des activités entreprises.
En matière d'insertion scolaire, l'accent doit être mis sur des prestations d'accueil, d'information et d'orientation performantes. En matière d'insertion sociale, les établissements et les équipes doivent être soutenus dans l'élaboration de pratiques partenariales en faveur des publics en difficulté. Enfin, en matière d'insertion professionnelle, la proposition systématique par l'établissement de services propres à faciliter les contacts avec le monde professionnel et la recherche d'emploi sera recherchée.
Des objectifs
Les objectifs à atteindre, qu'il faudra être capables de mesurer, sont au nombre de quatre :
- accueillir, orienter, informer, conseiller ;
- ne laisser aucun jeune ou aucun adulte sortir du système d'enseignement et de formation sans diplôme, sans qualification, sans solution immédiate pour son avenir, sous peine de voir s'ouvrir le chemin de l'exclusion ;
- accompagner en cours de route le jeune ou l'adulte dans l'élaboration et la réalisation de son projet, le soutenir, l'écouter, le conseiller, lui proposer des solutions adaptées ;
- s'appuyer sur des partenariats associant services publics de l'emploi, services professionnels, monde associatif, etc... et les formaliser.
Comment arriver à mettre en oeuvre les orientations et comment atteindre les objectifs ?
Tout d'abord, il s'agit, dans la cohérence et autour de projets, de mettre en place des actions prioritaires ; ensuite, il s'agit de s'organiser à chaque niveau ; il s'agit enfin de trouver les moyens et de construire les partenariats nécessaires.
L'évaluation de l'ensemble des actions permet ensuite de mesurer l'impact des actions conduites et d'infléchir et d'améliorer les projets.
Des actions prioritaires
- Avant que le jeune ou l'adulte n'entre dans un processus de formation ou qualifiant, l'établissement doit pouvoir proposer des actions d'accueil, d'information et d'orientation : organisation d'une fonction spécifique, organisation de fonctions de positionnement, d'évaluations d'entrée, de construction de parcours individualisés, participation à des manifestations permettant de faire connaître l'établissement, les formations, les diplômes, les métiers, etc...
- Proposition d'une offre de formation s'inscrivant clairement dans les politiques publiques d'insertion : réponse aux dispositifs de l'Etat, aux dispositifs des Conseils régionaux ou généraux; concertation sur un territoire avec les autres structures d'enseignement concernées.
- Dans l'élaboration des formations, conception d'actions éducatives, pédagogiques et de formation contribuant à l'insertion : éducation à la citoyenneté, socio-culturelle, à l'environnement, à la santé ; approche croisée de la mission d'insertion et des missions d'animation, de développement, de coopération internationale ; développement d'actions dans le cadre de la vie scolaire ; actions de soutien scolaire ; développement des formations ouvertes ; lutte contre l'illettrisme,...
- Pendant la présence des jeunes ou des adultes dans l'établissement, développement de processus d'accompagnement, que ce soit en matière de recherche d'emploi ou en matière d'insertion sociale (problèmes liés à la santé, au logement, etc...)
- Des actions permettant de sensibiliser chacun à la mission d'insertion et d'échanger sur ses pratiques : formation des personnels, création d'une banque d'expériences au niveau national, organisation de journées locales, régionales ou nationales de l'insertion...

