Les réseaux géographiques constituent une réponse originale de l'enseignement agricole au besoin d'établir des relations suivies, structurées et efficaces avec les systèmes d'enseignement agricole des autres pays. Ils peuvent rendre des services inestimables à la communauté éducative. Reposant largement sur l'esprit d'initiative, l'implication et la motivation des formateurs, ils ne peuvent fonctionner qu'avec la participation de tous ceux impliqués dans un pays : voici donc une invitation à les rejoindre.
La création de réseaux géographiques à la DGER remonte au début des années 90 lorsque les établissements ont souhaité développer leurs échanges avec les pays étrangers, dans la lignée de la loi de 1984 sur l'enseignement agricole, rassemblant autour d'animateurs les établissements de l'enseignement agricole travaillant régulièrement avec un même pays ou une zone géographique.
Cette création répond à des besoins divers :
- Regrouper régulièrement les acteurs de l'enseignement agricole (établissements, formateurs) pour leur permettre de mettre en commun leurs expériences et d'échanger sur leurs pratiques par rapport à ces pays. Ces réseaux permettent de pallier l'éloignement et l'éparpillement des établissements d'enseignement agricole sur tout le territoire
- Réunir, capitaliser et partager des informations sur un pays étranger : données géopolitiques, contexte agricole, économique, culturel, social, religieux et surtout organisation du système de formation professionnelle, particulièrement dans les domaines agricoles, agronomiques, agro-alimentaires, vétérinaires et paysagers.
- La taille relativement modeste du système d'enseignement agricole en France ne permet pas à la DGER de disposer d'une cellule d'information et de veille sur l'enseignement agricole dans les différents pays partenaires. Ces tâches ont donc été dévolues à des regroupements d'établissements au sein de réseaux, mais l'administration centrale veille au bon fonctionnement de l'ensemble du dispositif. Les réseaux s'appuient aussi sur les travaux conduits sur les différents pays par la Direction Générale des politiques agricoles d'aménagement du territoire (DGPAAT).
- Enfin les réseaux, en collaboration avec SAFARI, positionné à Montpellier SupAgro, aident et appuient les établissements pour la mise en oeuvre d'actions à l'international (notamment en favorisant les jumelages d'établissements, et un équilibre dans leurs actions : voyages d'études, stages, envoi et accueil, valorisation de compétences etc).
Organisation et fonctionnement des réseaux géographiques
Un réseau est un ensemble d'établissements de l'enseignement agricole soucieux de travailler régulièrement avec un pays ou une zone géographique. L'adhésion à un réseau relève d'une décision collective devant nécessairement impliquer l'équipe dirigeante, le conseil d'administration de l'établissement afin de l'intégrer dans le projet d'établissement.
Certes des formateurs peuvent participer aux travaux d'un réseau en assistant à ses réunions ou en lisant ses conférences, mais l'engagement de l'établissement sur le moyen terme est indispensable.
Tout réseau s'articule autour :
- d'un ou plusieurs animateurs,
- d'une conférence First Class et du site CHLOROFIL,
- d'une ou plusieurs réunions annuelles,
- d'un bulletin d'information électronique ou papier,
- d'un archivage des documents produits (rapports de mission, notes d'information, etc).
Les animateurs sont des membres de la communautés éducative bénéficiant d'une décharge horaire (de 1 heure à 9 heures d'enseignement par semaine) et d'un budget pour faire fonctionner le réseau dont ils sont responsables. Les activités qu'ils ont à mener sont multiples :
- Les animateurs sont surtout des chefs d'orchestre qui doivent fédérer les énergies des différents membres plutôt que faire eux mêmes. Animer un réseau requiert une grande expérience de la coopération vers le pays ciblé acquise par des actions sur le terrain avec des apprenants de l'EA, une bonne connaissance des institutions et des personnes de ce pays et des capacités relationnelles importantes pour convaincre, dynamiser, motiver, etc. Ils doivent avoir une vision exhaustive des possibilités de projets, et de financement vers le pays concerné. La multiplicité des sources de financement, encore augmentée par la décentralisation en France, fait qu'il n'existe pas de liste types de financeurs ; d'où le rôle central des animateurs qui doivent régulièrement s'informer, explorer, évaluer les appels à projet, voire les provoquer. C'est donc eux qui veillent à la réalisation régulière des missions évoquées ci-dessous.
- Les conférences First Class constituent un puissant outil d'information, d'animation et de partage des ressources pour les membres du réseau qui y font part de leurs projets, de leurs difficultés et de leurs demandes particulières. C'est aussi le moyen de diffuser aux membres du réseau des informations rapides sur l'évolution du pays, ce qui est particulièrement utile lors d'évènements majeurs (catastrophes naturelles ou troubles politiques). L'accès à la liste des conférences se fait à partir de la page d'accueil 'First Class', en sélectionnant 'infos-messagerie' et à l'intérieur de cette page, choisir 'liste des confs-stats' : un fichier word contient la liste des conférences pays. Selon la taille du réseau, les conférences traitent soit de zones géographiques larges, soit d'un pays particulier. L'adhésion à une conférence se fait en contactant le modérateur (l'animateur ou le chargé de mission au Bureau coopération internationale).
- La présentation des réseaux sur le site donne accès à des informations utiles sur les pays, parmi lesquelles :
- Une présentation du pays
- La liste des établissements membres du réseau
- Les actions des établissements membres du réseau : il ne s'agit pas d'une liste exhaustive des actions mais de quelques exemples significatifs, reflétant les actions qui collent au mieux avec les orientations définies par la DGER et la coopération française, pouvant servir d'exemple ou de mises en garde pour des collaborations ultérieures
- Les actions du réseau lui même :
- en France
- dans le pays partenaire
- Le fonctionnement du réseau : type et rythme des réunions, coordination, animation, gestion, capitalisation-mutualisation, accompagnement des nouveaux, bulletins...
- Les coordonnées du ou des animateurs : est spécifié le partage des tâches ou des responsabilités quand il y a deux animateurs.
- Les réunions de réseau compensent le côté impersonnel des conférences First Class, permettant aux différents établissements de faire connaissance, d'inviter de nouveaux collègues qui souhaitent uniquement avoir des informations avant de répondre à des projets, et d'élaborer des stratégies communes pour le réseau. C'est aussi l'occasion de faire le bilan de l'année écoulée qui sera remis à la DGER et de prévoir les actions communes pour l'année suivante, voire demander un financement spécifique pour des actions ponctuelles.
- Elles permettent aussi des débats de fond sur les orientations des actions de coopération, les relations avec les autorités du pays, les problèmes d'ordre éthique, matériel, culturel etc qui peuvent être rencontrés, sur les articulations avec les référentiels (éducation socio-culturelle, formation technique et scientifique, langues, éducation à l'environnement, à la citoyenneté, au développement etc) ainsi qu'une analyse des difficultés rencontrés pour mettre en oeuvre des projets de CI afin de mieux les résoudre.
C'est aussi l'occasion de partager les activités à réaliser dans le réseau, de former les nouveaux, et aussi de prévoir le remplacement des animateurs, sans rupture et sans perte de mémoire.
Enfin il est possible d'inviter des partenaires étrangers de passage, des représentants d'organisations oeuvrant sur la même zone (chargé de mission DGPAAT, OPA, ONG, etc). Des apprenants peuvent aussi être associés aux débats.
Missions des réseaux
- Ils réunissent et produisent de la connaissance sur l'enseignement agricole dans leur pays cible : qui d'autre peut fournir aux établissements de l'EA la structuration de ces formations, les adresses des établissements, le nom des personnes ressources ? Dans tous les pays l'organisation de l'enseignement professionnel agricole évolue rapidement : fusion avec d'autres établissements de formation professionnelle, adaptation des cursus aux nouvelles agricultures et leurs nouveaux métiers, mise en place de formations spécifiques (agriculture biologique, services ruraux etc)... Seuls des formateurs, à la croisée des missions pédagogiques et des techniques agronomiques peuvent y répondre.
- Les réseaux procurent des contacts avec les ambassades de France (notamment les conseillers aux affaires agricoles et les attachés culturels), les délégations de l'Union Européenne dans le pays, les administrations nationales responsables pour l'enseignement agricole (ministères, agences etc), les organisations internationales présentes dans le pays, les organisations professionnelles, les ONG etc. Ils établissent une liaison avec la DGPAAT pour élaborer des stratégies d'approche communes et éventuellement des actions concertées.
- Ils recensent et coordonnent les actions des établissements Ainsi sont évitées les visites successives et non concertées, dans un même établissement étranger, de missionnaires français. C'est aussi la responsabilité des animateurs de réseaux de veiller, en liaison avec le SAFARI, à ce que les réponses à des appels d'offres aux projets internationaux soient cohérentes et non redondantes.
- Capitaliser et mutualiser des expériences a été souligné comme un axe important pour les réseaux géographiques par l'Inspection Agricole,
- Animer un réseau est une tâche difficile requérant des capacités de communication, de gestion d'équipe et de motivation. L'organisation d'évènements est efficace : séances d'information dans les établissements ou les régions, mise au point d'outils d'information utilisant les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). La préparation, la mise en forme, le test d'outils pédagogiques liés à des référentiels et des activités pédagogiques intégrées dans les programmes sont des activités qui dynamisent et motivent les membres d'un réseau : voir les productions sur l'Education au Développement réalisées par le RED. Par ailleurs les réseaux assurent lors de leurs réunions ou grâce à leurs publications, une formation sur le pays.
- Communiquer, valoriser le travail fait par les différents membres du réseau mérite d'être connu ; les conseils de 'bonnes' ou 'mauvaises' pratiques permettent d'éviter des erreurs. Ces informations nourrissent la réflexion sur les projets, et permettent de mieux convaincre les financeurs
Toutes ces compétences ne sont pas innées et les animateurs de réseaux se réunissent régulièrement pour mettre en commun leurs méthodes et partager leurs préoccupations. Le BRECI de la DGER organise des regroupements d'animateurs de réseaux trois fois par an pour développer ces savoir-faire et les savoir-être des animateurs ; ce sont d'ailleurs plus des actions-formations, où le travail de réflexion est conduit dans les deux sens. Enfin le bureau BIFOP, chargé de la formation continue des personnels de la DGER, met en place des formations spécifiques pour l'animation ainsi que pour l'exercice d'activité à l'international.
Que demander à un réseau ?
Tout d'abord les réseaux ne sont pas des agences de voyage sophistiquées : s'ils peuvent mettre sur leur site des 'conseils aux voyageurs', des listes d'organismes capables d'établir des devis intéressants pour le voyage ou l'hébergement, des thèmes de travaux pour les élèves, des fiches pédagogiques à exploiter lors de voyages d'études, ils ne peuvent pas -et ne doivent pas- se substituer aux établissements et aux responsables locaux, à qui il appartient de prendre toutes les dispositions nécessaires pour organiser leurs projets.
En revanche, les réseaux sont des centres de ressources pour rentrer dans des actions collectives, pour orienter la réflexion et les projets, etc
De même les réseaux ne sont pas des fabricants de stages d'élèves et d'étudiants 'clés en main'. Si certains ont su structurer l'offre de stages dans le pays en constituant une base de données de maîtres et de lieux de stages, incluant des informations sur les possibilités de logement, il est de la responsabilité de chaque établissement de rédiger le programme de stage, de s'assurer qu'il correspond aux référentiels du diplôme préparé par le stagiaire, et de suivre régulièrement le déroulement du stage.
Les réseaux géographiques sont avant tout des lieux d'échanges et de créativité ; la participation aux réunions est essentielle pour que se crée une "culture de réseau", et une identité permettant une vraie dynamique pouvant démultiplier les initiatives, les bonnes pratiques et les énergies. De ces réunions, émergent des synergies entre les préoccupations et les projets, qui débouchent parfois sur des projets 'collectifs' de réseau, d'une taille telle qu'aucun établissement, pris individuellement, n'aurait pu envisager de telles actions.
Rejoindre un réseau
L'adhésion à un réseau géographique est ouverte à toute personne physique ou morale de l'enseignement agricole.
L'adhésion se fait à titre individuel, auprès de l'animateur de la conférence de rattachement du réseau (conf-NordSud, conf-grande-europe ou conférence propre à chaque réseau). Ces conférences EDUCAGRI sont accessibles uniquement aux agents des établissements d'enseignement public, des services déconcentrés et de centrale.
MAAP - DGER - SDI - BRECI
1 ter avenue de Lowendal, 75700 Paris 07 SP

